L'égo

Vivre Bien Soi

L'égo

“Mettre son égo de côté.”

L'expression suffit aujourd'hui pour définir ce qu'est l'égo, car tout le monde est en mesure de la comprendre.

L'égo, cette part de nous-même par défaut naturellement égoïste, qui, si on lui donne les pleins pouvoirs ne risque pas d'aller sur le chemin de l'Amour. Car pour l'égo, l'amour ce n'est que pour lui. Les autres ? Ils attendront bien que lui ait eu ce qu'il estime être “son dû”.

Il dit de lui :
“Moi, moi et moi-même !”
“Vous avez-vu mon dernier selfie ?”

On dit souvent de lui :
“Il est imbu de lui-même.”
“Il a le melon celui-là !”

À l'opposé il peut, paradoxalement en apparence, passer sa vie à développer un complexe d'infériorité. Cela peut-être aussi une manifestation d'un comportement égotique.

Mettre son égo de côté est effectivement la meilleure méthode connue et appliquée à ce jour par des individus, des collectifs, des organisations qui cherchent à œuvrer ensemble harmonieusement.

Facile à dire, moins facile à faire. Mais les résultats sont à la hauteur des espérances.

Pour vivre l'Amour, l'égo qui en a tant besoin va devoir apprendre que l'Amour cela ne se prend pas, mais que cela se donne.

Pour travailler ce muscle, la meilleure manière c'est de se mettre au service des autres.

Cela est nécessaire mais pas suffisant. Car un égo, disons débutant dans ce chemin du service, va d'abord se mettre au service pour se vanter et nourrir son orgueil :

“Voyez-vous ? Moi je suis au service, moi !”

C'est un début, mais s'il persiste à trop nourrir son orgueil, il va finir comme la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf.

Donc en plus de mettre son égo de côté, il est nécessaire aussi de le mettre en sourdine et qu'il ne se mette plus au services des autres pour sa propre gloire.

Une fois que cela est fait, nous pouvons prendre le contrôle de notre vie et nous mettre au service des autres, sans rien attendre en retour que la satisfaction que cela apportera quelque chose à autrui. Nous découvrirons alors en retour un autre genre de satisfaction : le contentement.

Certains le connaissent pour le vivre déjà, d'autres le connaîtront lorsqu'ils le vivront à leur tour.

Comment reconnaître l'égo ?

Il n'est pas bien facile de savoir si c'est “nous-même” ou “notre égo” qui dirige notre vie.

Nous proposons de prendre en considération deux directions afin de dessiner cela simplement.

  • Celle de l'Amour
  • Celle de l'égoïsme.

L'Amour est le royaume dans lequel chaque homme aimerait vivre en paix et en harmonie.
L'égoïsme, comme le porte ce nom, est donc le royaume de l'égo.

Si nous donnons le pilotage de notre Vie à notre égo, nous irons dans son royaume égotique. C'est lui qui dessine depuis si longtemps le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui.

Si nous reprenons les rênes de notre Vie, alors nous pourrons aller dans le royaume de la paix et de l'harmonie. Autrement dit, transformer notre société actuelle vers une société respectueuse de la Vie. Ce que de plus en plus de personnes aspirent à vivre aujourd'hui.

Décrivons ci-après quelques facettes de l'égoïsme. Notons que nous ne critiquons personne ici. Il n'y a rien de négatif à admettre l'existence de l'égoïsme en chacun de nous. Définir l'égo et le décrire c'est nous donner une chance de le connaître, de le comprendre et de le dépasser.

Le vaniteux - aimable

Nous rajoutons aimable car un vaniteux peut tout à fait être aimable.
Les hommes ne sont pas des monstres de négativité, non. Il y a du bon en chaque homme et c'est ce bon que nous cherchons à épanouir pour mettre plus de Vivant dans la Vie.

La vanité est la forme la plus primitive de l'égoïsme.

Nous pouvons également l'appeler : le vaniteux-capricieux, car certains expriment plus le côté vanité et d'autres le côté capricieux, qui coexistent souvent dans cette forme de l'égo.

La principale caractéristique du vaniteux c'est qu'il ne se préoccupe exclusivement que de lui-même. Il cherche à satisfaire ses besoins et ses désirs les plus primitifs et très peu, voire nullement, les besoins des autres.

Il met en priorité sa liberté et se faisant il envahit la liberté des autres.

Le vaniteux prétend être le centre du monde et il veut que les autres le remarquent.

De ce fait, de prétendre, nous pouvons également l'appeler le prétentieux.

Il ne fait pas bien la différence entre l'amour véritable et la complaisance. En conséquence, il est incapable d'apprécier quand on l'aime.

Il réclame et il désire plus qu'il n'aime. C'est pour cela que, dans ses relations, il tend à rechercher la renommée, l'admiration, les louanges, la satisfaction de ses désirs, plutôt que d'aimer et être aimé.

Le vaniteux établit continuellement des comparaisons entre lui-même et les autres, essayant toujours d'apparaître au dessus. Il se moque fréquemment de ceux qui lui apparaissent en-dessous de lui-même en ce qui concerne les aptitudes et les conditions matérielles et il vante excessivement ceux de qui il pense pouvoir retirer quelque avantage en sa faveur, comme l'illustre bien la fable du Corbeau et du Renard.

Il agit souvent injustement en favorisant ses intérêts. C'est pour cela que, fréquemment, il fausse la réalité pour masquer ses actes égoïstes.

Bien souvent il se sent insatisfait de lui-même à cause du peu de sentiment qu'il dégage.

Il ne supporte pas la solitude qui l'épouvante. Il a besoin de beaucoup de personnes qu'il tente de manipuler et de convoiter afin de satisfaire ses besoins, ses exigeances et ses caprices. À tel point qu'il peut aller jusqu'à opprimer physiquement et/ou psychologiquement les personnes qui l'entourent.

Il se lasse rapidement des personnes si celles-ci ne lui apportent pas les satisfactions attendues.

Le vaniteux convoite et manipule fréquemment les membres de sa famille, et notemment les plus faibles, dont les enfants. Et dans un cadre professionnel, ses subordonnés, considérant que ces personnes lui appartiennent ou ne peuvent échapper à son influence.

Lorsqu'il ne reçoit pas l'attention qu'il croit mériter, le vaniteux cherche à tout prix à attirer l'attention des autres, en utilisant la victimisation, l'agressivité, le chantage, la tromperie ou toute autre sorte de manipulation.

Par la vibration négative et asphyxiante qu'il génère, il finit par exténuer les personnes de son entourage. Si elles ne connaissent pas la vanité ou ne savent pas comment la manier, très peu d'entre elles sont capables d'y résister longtemps. C'est la raison pour laquelle le vaniteux a beaucoup de relations mais peu d'amis.

Il se lasse facilement de ce qui coûte un effort et cherche à ce que d'autres personnes assument ses responsabilités, bien qu'il se vante constamment de ce qu'il fait et du peu que font les autres.

S'il rend service, c'est rarement de façon désintéressée et discrète, mais toujours ostensiblement, cherchant en échange une compensation qui soit en général supérieure à son geste.

Chez le vaniteux, l'agressivité se manifeste quand celui-ci essaie d'attirer l'attention ou d'être le centre d'attention et qu'il n'y parvient pas ; ou qu'il veut satisfaire quelque désir qu'il ne peut satisfaire ; ou soumettre quelque volonté sans y arriver. Alors il a recours à l'agressivité pour imposer aux autres sa volonté.

Comment vaincre cette facette du vaniteux en nous-même ?

Le pas à faire ici c'est de comprendre que le bonheur ne dépend pas de l'extérieur mais de l'intérieur. Le bonheur véritable ne dépend pas du fait que les autres nous aiment, mais du fait que nous-mêmes nous aimons. Ainsi, si nous voulons être heureux, arrêtons de chercher désespérément que les autres nous aiment et cherchons à réveiller notre propre sentiment d'Amour.

Personne ne trouve le bonheur à travers l'admiration, l'affection, le succès, la reconnaissance des autres. Si nous sommes insatisfaits de notre vie, ne cherchons pas ailleurs les coupables de notre malheur car ils ne sont pas au dehors mais en nous. Ne cherchons pas à nous réchauffer auprès du feu des autres parce que nous n'en aurons jamais assez. Allumons notre propre flamme pour qu'ainsi notre état ne dépende pas de ce que les autres feront ou ne feront pas. Laissons de côté cette vanité et Aimons, parce que la meilleure façon de combler le vide intérieur, c'est d'Aimer inconditionnellement.

L'orgueilleux - généreux

L'orgueilleux est le “grand frère” du vaniteux. Il peut être également généreux.

Ce qui différencie l'orgueilleux du vaniteux sur le chemin de l'Amour, c'est que le vaniteux est récepteur d'amour et l'orgueilleux est émetteur d'amour. Cela signifie que l'orgueilleux a acquis la capacité d'aimer par sa propre initiative. Il a allumé sa flamme intérieure d'amour.

Lorsqu'on se dépouille de la vanité, on se retrouve pleinement immergé dans l'étape de l'orgueil.

À cette étape, le concept de justice est plus développé. La personne parvenue à l'orgueil est plus consciente de ce qui est vrai et juste et de ce qui n'est qu'apparence. En général, les orgueilleux se comportent plus justement. Ils n'essaient pas de se favoriser. Dans leurs décisions, ils tiennent compte du préjudice qu'ils peuvent causer à autrui. L'orgueilleux ne prétend plus qu'on le flatte ; il cherche à ce qu'on l'aime et aussi à aimer authentiquement.

La qualité contraire à la vanité et que l'orgueilleux a déjà acquise, c'est la modestie, parce qu'il ne cherche pas à faire les choses pour attirer l'attention mais pour la satisfaction d'être juste et généreux. Les orgueilleux sont généreux envers ceux qu'ils aiment. Par conséquent, dans les relations ils ne cherchent pas à être le centre d'intérêt ; ils préfèrent une amitié authentique plutôt que moult relations superficielles.

Le principal problème de l'orgueilleux, c'est la difficulté de supporter l'ingratitude, l'égoïsme et le manque d'amour des autres envers lui, surtout s'il a établi des liens affectifs avec eux.

Bien que l'orgueilleux soit capable d'aimer facilement ceux qui l'aiment, il éprouve encore une difficulté à aimer ceux qui ne l'aiment pas. C'est pour cela que l'orgueilleux résiste à accepter les personnes telles quelles sont, avec leurs qualités mais surtout avec leurs défauts.

L'orgueilleux admet facilement qu'il peut se tromper. Il lui coûte de supporter l'amour imparfait, surtout si c'est le cas de parents proches comme père et mère, frères et sœurs, conjoint, enfants, etc... Il attend quelque changement de leur part à raison des efforts que lui-même fait pour qu'ils changent, et il désespère, se déprime ou se met en colère quand, malgré cela, il ne l'obtient pas.

Il est capable de se laisser amadouer si on lui exprime un petit geste d'affection, mais quand il découvre qu'il est manipulé par certaines personnes, il se met en colère à l'excès. La rancœur pouvant se réveiller en lui. Quoiqu'apparemment il ne cherche pas de récompense, il accepte mal l'ingratitude, surtout lorsqu'il met sa meilleure volonté pour aider quelqu'un et qu'il reçoit une attitude négative en retour.

Face aux contrariétés et aux blessures dans ses sentiments, il réagit en se repliant sur lui-même, en s'isolant des relations humaines. En lui se réveillent alors la colère, la rage, l'impuissance, l'entêtement, la peur, la culpabilité. Il a tendance à cacher ses sentiments les plus profonds. D'un côté il réprime les sentiments négatifs parce qu'il ne veut pas être digne de pitié, ni que d'autres profitent de sa faiblesse pour lui causer du mal.

D'un autre côté, il réprime ses sentiments positifs parce qu'il ne veut pas que l'envie se réveille chez les personnes vaniteuses et qu'elles tentent de lui porter préjudice. La tendance à réprimer les sentiments positifs le fait se sentir malheureux. La tendance à réprimer et cacher ses états d'esprit négatifs, à souffrir en silence, peut le faire mettre en colère dans des moments ponctuels, desquels il se sentira coupable postérieurement.

Le manque de confiance envers les autres et l'autosuffisance qu'il croie avoir sont les attitudes qui l'isolent le plus des autres.

Cet isolement est lié à la croyance qu'il n'est pas digne de recevoir de l'amour, d'être aimé authentiquement. Il peut en arriver à la conclusion que cela ne vaut plus la peine d'aimer. Cette attitude fait qu'il s'isole encore plus. Cela peut même le rendre apathique, timide, triste, mélancolique, irascible et sans envie de vivre.

Nous avons vu que le vaniteux est incapable d'apprécier quand on l'aime. L'orgueilleux, lui, ne permet pas qu'on l'aime. C'est ainsi que, pour une raison ou pour une autre, il ne se sent pas aimé même si l'autre l'aime. Il se replie alors sur lui-même pour éviter qu'on lui nuise, se refusant à recevoir quelque signe d'affection.

Il peut arriver que depuis son enfance il ait fait tout ce qu'il pouvait pour qu'on lui prête un peu d'attention et qu'il se soit convaincu qu'il est nécessaire de faire pour être aimé. Et il a fini par croire qu'il était aimé pour ce qu'il faisait et non pas pour ce qu'il était.

Et que se passe-t-il alors ?

Lorsque quelqu'un arrive disposé à l'aimer inconditionnellement tel qu'il l'est et non pour ce qu'il fait, il prend peur et se cache. Il le rejette simplement parce qu'il pense : “Je ne peux croire que quelqu'un m'aime sans vouloir profiter de moi. Il y a sûrement un piège. Si je me dispose à recevoir l'amour, on me donnera encore un grand coup et je souffrirai encore plus. Ça n'en vaut pas la peine !”.

Et alors l'orgueilleux ayant ce dont il a besoin pour commencer à être heureux et étant capable de l'apprécier, le rejette pour ne pas vouloir souffrir.

Comment vaincre notre orgueil ?

Le premier pas que nous devons faire pour vaincre notre orgueil c'est de se libérer de la croyance que nous ne sommes pas dignes d'être aimés, et que nous ne rencontrerons jamais personne qui nous aime vraiment.

Celui qui cherche l'amour véritable et partagé le trouve tôt ou tard parce que les personnes qui ont des affinités tentent de se chercher et se reconnaissent lorsqu'elles se rencontrent. Mais nous devons être patients et constants, tout en gardant la porte ouverte. Parce que celui qui ferme la porte à double tour pour se protéger du mal, la ferme aussi pour exprimer le bien. Et si nous n'exprimons pas le bien autour de nous, celui qui recherche le bien pour le vivre avec quelqu'un d'autre ne nous verra tout simplement pas.

L'orgueilleux doit aussi apprendre à mieux accepter l'ingratitude de ceux qui lui firent du mal, parce qu'il a la capacité de comprendre ceux qui ne comprennent pas, et il doit savoir qu'il fut, lui aussi, dans la même situation. En même temps il doit perdre la peur d'être lui-même.

Il doit se libérer des chaines tendues par ceux qui disent l'aimer, mais qui veulent le soumettre. Il ne doit pas non plus prendre le chemin contraire, c'est-à-dire, s'isoler des relations humaines par crainte de souffrir. Il n'est pas mauvais que quelqu'un désire qu'on l'aime, mais il doit savoir que tout le monde n'a pas la même capacité d'aimer et nous ne devons pas exiger de ceux qui sont nos proches ou qui simplement vivent quotidiennement avec nous, qu'ils nous aiment ou qu'ils nous respectent avec la même intensité que nous les aimons ou que nous les respectons, par le seul fait que nous aimerions être aimés en retour.

Il est important aussi que l'orgueilleux ne se surpasse pas en complaisance envers les autres si cela signifie renoncer à sa liberté. Parce que cet effort “sans récompense” retombera plus tard sur lui sous forme de déception, tristesse, amertume, rage et impuissance. Comme nous l'avons déjà écrit, l'authentique Amour se donne sans condition, sans rien attendre en échange, et on ne peut obliger personne à donner quelque chose qu'il ne veuille ou ne puisse donner. Nous nous nuisons à nous-mêmes si nous perdons notre volonté et notre liberté pour plaire à quelqu'un d'autre, ce serait une autre forme de prostitution.

Lorsque nous nous sentons tristes, vides, ne nous replions pas sur nous-mêmes. Ne refoulons pas nos sentiments croyant que nous allons moins souffrir. Au contraire, nous souffrirons davantage et ce sera une souffrance stérile qui ne nous conduira nulle part. Cherchons à vivre en accord avec ce que nous ressentons et non avec ce que nous pensons. Soyons compréhensifs avec les autres, mais ne nous laissons pas emporter par ce que les autres attendent de nous si ce n'est pas ce que nous ressentons qu'il est bon de faire pour nous-mêmes. Ne prétextons pas le mal qu'on nous a fait pour justifier notre méfiance et notre isolement. Soyons prudents avec ceux qui veulent profiter de nous et de nos sentiments, mais ouverts envers ceux qui vont vers nous de bonne foi.

Nous avons vu que l'orgueilleux est capable de donner et de recevoir de l'amour, mais qu'il se retient par crainte de souffrir. Ce faisant il crée autour de lui une cuirasse pour se protéger de ses sentiments et de l'amour qu'il ressent. Cette cuirasse c'est l'orgueil. L'élimination de cette cuirasse marque le passage vers l'étape suivante.

Le superbe - amoureux

Le superbe est une autre forme d'égoïsme plus subtil, plus avancé que l'orgueilleux.

Le superbe peut être également très affectueux, quand il est disposé à vaincre son égoïsme et à lutter pour les sentiments nobles de l'amour. C'est pour cela que nous lui ajoutons la qualité amoureux.

La superbe est le manque d'humilité, un excès de ce que nous nommons communément “amour propre”, et qui n'est point de l'Amour véritablement.

Ce manque d'humilité est également présent chez le vaniteux et l'orgueilleux. Mais pour ces derniers ce n'est pas une préoccupation. L'humilité s'oppose à l'orgueil et c'est le superbe qui lutte entre ces deux états sérieusement.

Il y a deux problématiques principales qui concernent le superbe :

  • Le manque d'humilité ;
  • La difficulté à partager l'amour des êtres aimés.

Le superbe se croit sûr de lui-même. Il croit qu'il n'a pas besoin des autres, qu'il est autosuffisant pour tout.

Quoiqu'il soit disposé à aider les autres, il demande rarement qu'on l'aide, même s'il en a vraiment besoin. Parce que son défaut lui fait croire que demander de l'aide est un symptôme de faiblesse.

C'est pour cela qu'il se cache devant les autres. Il a l'habitude de cacher ses défauts, ses baisses de moral, pour que personne ne remarque son état, pour que personne ne lui dise : “Quelque chose ne va pas ? As-tu besoin d'aide ?” Et si quelqu'un le remarque, il devient nerveux, il se fâche parce qu'il lui en coûte d'admettre qu'il n'est pas autosuffisant. Il manifeste alors la méfiance, la colère et l'arrogance.

Le superbe est moins susceptible que l'orgueilleux et il se sent moins blessé lorsqu'on le traite avec ingratitude, qu'on le calomnie ou qu'on le trompe. Cependant, dans ces circonstances, la colère et l'arrogance se réveillent aussi en lui, tout comme lorsqu'il se voit impuissant à résoudre ses plans.

Quand il reçoit le mépris ou la plaisanterie de celui qu'il est en train d'aider, la colère peut se réveiller en lui. Il peut alors dire par exemple : “Tu ne me connais pas ! Comment oses-tu ? Pour qui te prends-tu pour me parler ainsi ?”

Cette difficulté à accepter l'ingratitude ou la calomnie, par faute d'humilité, le conduit à classer, préjuger et à traiter de forme inégale les autres.

S'il n'est pas capable de reconnaître son propre défaut et le dépasser, la méfiance s'emparera de lui au moment de répondre aux personnes qui l'approchent pour lui demander de l'aide. Ses préjugés peuvent le conduire à éprouver des réticences face à certaines personnes et à décider de ne pas les aider en fonction de leurs besoins, mais en fonction de la méfiance ou la peur qu'il ressent envers elles.

Quoique le superbe se croit autosuffisant, la réalité c'est qu'il a besoin d'aimer et aussi se sentir aimé pour être heureux, bien qu'il lui en coûte de le reconnaître. C'est pour cela que sa façade d'autosuffisance s'écroule quand il se sent incertain dans les sentiments. Cette crainte de perdre l'amour qu'il croyait sûr lui fait ressentir la méfiance, la tristesse, le désespoir et l'impuissance. Et ceci lui survient parce qu'il souffre encore d'attachement - nous développerons plus tard cette notion d'attachement. De ce fait il a des difficultés à partager l'amour des êtres aimés.

Ce qui est un biais cognitif car s'il connaissait la puissance de l'amour inconditionnel, il ne craindrait jamais de le perdre. Quelqu'un qui aime inconditionnellement a de l'amour a donner sans limite à l'humanité toute entière, et ne souffre plus d'attachement.

Comment vaincre cet état de superbe ?

En aimant pleinement. En comprenant et en évitant d'agir comme le défaut le voudrait. La superbe diminuera en même temps que nous développerons l'humilité et le détachement. Ces deux qualités se développent avec la pratique de l'amour du prochain, à travers l'aide sincère et désintéressée envers les autres, le Service dont nous avons déjà parlé.

Autrement dit, en développer sa capacité de donner, d'émettre, et plus uniquement de recevoir, de l'amour.

Si le superbe, par crainte de subir des déceptions, des humiliations, s'abstient de démontrer qu'il est apte à donner, il s'enlise dans son défaut. Mais s'il surmonte ses craintes et ses préjugés, et qu'il se laisse porter par ce qu'il aspire à être et ce qu'il ressent de juste en lui, il s'épanouira alors dans une vie bien plus heureuse, laissant son égo derrière lui et déployant, pour ainsi dire, ses propres ailes. L'Amour sans limite devient alors son nouveau chemin de vie. Il trouvera ainsi la réponse par lui-même à la question : comment mettre plus de Vivant dans sa Vie, juste en l'expérimentant, en le manifestant, dans sa Vie, dans ses propres comportements quotidiens.

Introspection

Observons nos comportements face à ces trois facettes de l'égo.
Prenons le temps de faire cet exercice d'introspection individuellement régulièrement.

Dans quels comportements nous retrouvons-nous ?

Sachant qu'il n'y a pas d'exclusivité entre le vaniteux, l'orgueilleux et le superbe. Nous pouvons être encore à cheval entre un, deux, ou trois de ces aspects de l'égo, ou, même si ceci est plus rare de nos jours, avoir intégralement résolu ces trois facettes et avoir, de ce fait, “résolu son problème d'égo”.

Les trois quarts de l'humanité actuelle sont plongés dans la vanité et ses caprices, un bon quart dans l'orgueil, et une poignée dans la sublime. Plus rares encore sont ceux qui sont sortis de ces méandres égotiques et sont pleinement en capacité d'aimer inconditionnellement tout un chacun.

Ne nous blâmons donc surtout pas de nous retrouver dans ce descriptif, et, si nous en avons la volonté, attelons-nous à nous débarrasser des comportements de cet égo bien encombrant afin de faire le chemin de mettre plus de Vivant dans sa Vie. Car l'égo nous tire vers le bas, vers l'inaction, vers l'enfermement, vers la mort, plutôt que vers le haut, le mouvement, l'ouverture et le vivant. Le Bonheur se trouve dans cette direction-là, celle de la Vie.

Comment faire ?

La réponse tient en un seul mot :

Aimer.

La recette est simple à dire. Comment faire ?
C'est l'objet de notre site de partager des connaissances et des réflexions pour répondre à cette question.

Si vous êtes arrivé sur cette page directement, nous vous invitons à lire ce chapitre depuis le début : Vivre.

D'autres facettes de l'égo

Nous avons rassemblés d'autres illustrations qui permettent de reconnaître l'égo.

L'égo est la somme de toutes nos peurs.

L'égo est un miroir qui ne tient compte que du reflet pour s'aimer lui-même.

L'égo n'existe pas, il est une idée que l'homme a.

L'égo c'est la somme des besoins vitaux pour la survie : la sécurité, l'amour, la nourriture, la compagnie... Et si ces besoins-là ne sont pas remplis, ils deviennent un manque et l'égo arrive et dit :“Je n'ai pas, donc je vais essayer d'avoir.”

... Ici, nous ne cherchons pas à survivre, nous cherchons à Vivre.
Et Vivre cela n'est pas avoir, c'est donner.
C'est être également.

De quoi réfléchir.

La thérapie Comment vivre bien l'Amour ?

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