J'ai pris conscience récemment à quel point on m'avait imposé, à l'école puis dans la vie professionnelle, un “emploi du temps”. Ou comment je n'étais pas libre de mon temps.
En effet, je ne disposais pas de mon temps. Et je n'avais pas de temps pour moi, au sens où je n'avais pas de temps libre.
Je n'étais donc pas libre de mon temps et je n'avais pas de temps libre.
Cela a eu pour conséquence que je me suis forcée à faire des choses que je n'avais pas envie de faire à des moments où j'aurais aimé faire autre chose. Par exemple, chaque jour j'allais à l'école puis au travail à la même heure, alors que je n'avais pas forcément envie de me lever à la même heure tous les jours. Parfois j'avais envie de rester chez moi mais j'étais obligée d'aller travailler.
Alors je faisais aller. Je faisais semblant que ça allait. J'essayais de me persuader que ça allait.
Au travail je mentais. Quand on me demandait : “comment vas-tu ?”, je répondais : “bien, merci.”
J'avais compris, étant enfant, qu'il fallait que je sois “malade” pour avoir le droit de ne pas aller à l'école. Alors quand je n'en pouvais plus, je tombais malade.
À l'âge adulte, quand vraiment je n'y arrivais plus ou que j'étais trop fatiguée, avant de tomber malade, je posais des jours de congés pour me reposer ou j'allais voir le médecin pour lui demander de m'arrêter. Puisque je n'avais pas le droit moi-même de m'arrêter de travailler quand je sentais que j'avais besoin de me reposer. Il me fallait un certificat médical, un arrêt de travail ou poser des jours de congés.
Je me suis rendue compte du pouvoir qu'avait le médecin sur ma vie, sur mon temps. Il avait le pouvoir de dire oui ou non. C'est lui qui décidait pour moi. C'est lui qui croyait savoir ce dont j'avais besoin, ce qui était le mieux pour moi.
J'ai pris conscience de cette infantilisation, de cette coercition et surtout des effets néfastes de cette privation de liberté sur mon être.
Je me suis demandé : aujourd'hui combien de personnes comme moi se sont forcées ou se forcent encore à aller travailler alors qu'elles n'en ont pas envie ? Combien de personnes sont forcées à aller travailler ? Combien de personnes sont en arrêt de travail ? Combien de personnes aimeraient l'être ?
Et puis j'ai réfléchi et je me suis posée cette question : si tout le monde avait un revenu universel, autrement dit l'argent nécessaire pour vivre, combien de personnes iraient travailler ?
Et que serait un monde dans lequel vous pouvez disposer de votre temps sans qu'on vous impose un emploi du temps ? Autrement dit, un monde dans lequel vous êtes libre de votre temps et vous avez du temps libre.

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